MERCREDI 24 OCTOBRE   20h30    / La Grande Carène  

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RACHID TAHA Annulé !!!

Pionnier dans les années 1980, où l’immigré tenait déjà le rôle d’ennemi public numéro un, d’un rock arabe qu’il avait jeté comme un pavé dans le jardin des pourvoyeurs de préjugés, Rachid a toujours attesté de l’attachement à ses racines. Mais résolument moderne et souvent avec un déclic d’avance, il a su aussi, toujours en progressant, avec la complicité de l’ami de toujours, Sir Steve Hillage, réussir l’équilibre parfait entre le passé le plus précieux et le présent le plus abouti. En ce sens, Diwân2, son dernier album, s’inscrit idéalement dans le prolongement d’une architecture musicale, sans cesse en mouvement, esquissée déjà dans son premier album solo Barbès (1990).

Au cours des années 1950 et 1960, quand les parents rasaient les murs, s’excusant presque d’exister,certains artistes maghrébins avaient emprunté des noms occidentaux pour masquer leurs origines. Ce fut le cas de l’Algérien, originaire de Kabylie, Laïd Hamani, plus connu sous le pseudonyme de Victor Leed, un rocker qui avait fait les beaux soirs du Golf Drouot, ou du Berbère marocain Abdelghafour Mociane autoproclamé Vigon, une sacrée voix du r&b. D’autres, nettement plus nombreux, ont fait leur carrière à l’ombre des cafés tenus par leurs compatriotes, évoluant sur des scènes de fortune, soit quelques chaises autour d’une table où trônaient deux ou trois micros, de temps à autre parasités par de terribles larsens. Ils se nommaient Mohamed Mazouni, Ahmed Wahby ou Dahmane El Harrachi. Entre Bastille, Nation, Saint-Michel, Belleville et Barbès, le public, exclusivement communautaire, généralement masculin et préalablement informé par quelques lignes tracées sur une ardoise, venait applaudir les chanteurs annoncés. Cela se passait le vendredi et le samedi soir, plus une supplémentaire le dimanche après-midi.

Dans une ambiance embuée par la nostalgie et chauffée par la pression des demis, les clients -issus de cette population à part qui est pourtant une part de la population française - buvaient les paroles de ces musiciens qui leur ressemblaient tant. Comme beaucoup d’entre eux, ils exerçaient des travaux pénibles pendant la semaine et attendaient impatiemment le week-end pour s’enivrer d’un peu d’airs du bled. Parfois, ils passaient le samedi après-midi dans quelque salle obscure comme le Delta ou le Louxor, avec mini-concert en prime lors de l’entracte chocolatée, pour rêver, les yeux ouverts, au son de la voix d’un Abdel Halim Hafez susurrant, plein écran, des chants mélancoliques. Et puis, il y avait la radio ou le disque pour s’émouvoir au rythme des chansons d’Oum Kalsoum et aussi les scopitones pour repasser le film de sa vedette préférée.

C’est cette atmosphère de la culture de l’exil, et bien plus encore, que Rachid Taha nous fait revivre à travers un Diwân2, où la tradition, incarnée ici par l’orchestre de cordes du Caire et la mandole du virtuose Hakim Hamadouche, est à la fois respectée et renouvelée.

Siméo

A 23 ans, seul en scène, Siméo jongle d’un instrument à l’autre et surfe sur les styles musicaux avec panache. Comme il faut bien le classer, on l’a programmé dans la catégorie « chanson, world », mais sa performance relève aussi bien du hip-hop que de l ‘électro ou du rock. Une standing ovation des professionnels du spectacle a salué sa prestation aux dernier Printemps de Bourge, reconnaissance méritée pour ce stackanoviste de la scène, qui a présenté en live plus de 80 fois son show unique fait de boucles complexes, sur lesquels se fond une voix singulière.




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